08.02.2006
Phénomènes de pensées aléatoires
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Assise au milieu de coquelicots, le vent agite ses cheveux clairs et ses grands yeux bleus sont tournés vers le ciel. Un oiseau traverse cet océan azur et s’approche des couleurs vives qu’offre le couché de soleil de cette heure tardive. Angie rêve.
D’où vient le soleil ? Où vas-t-il ?
Si le soleil est le centre du système solaire et s’il se déplace alors tout le système solaire ce déplace. Le soleil se déplace-t-il ? Questions sans réponses, réponses sans questions…
Angie va être en retard à la maison ce soir, elle avait prévu d’être en retard dès le moment où elle était partie, dès qu’elle avait posé le pied sur la pierre chaude de la terrasse, elle l’avait comprit. Il faisait trop beau pour rentrer à l’heure.
Toute la journée, il avait fait une chaleur insoutenable dans le quartier de bourgeois où Angie habitait.
C’était étrange comme ce genre de journée paraissait soporifique. Personne ne faisait rien avec une énergie fatigante à regarder et finalement on se retrouvait plus fatiguée la journée qu’au moment de dormir. C’était sans doute pour ça que le soleil ce couchait si tard en été.
Elle avait retrouvé l’ombre de son arbre préférée au milieu du champ de fleurs rougeoyantes aux pétales fragiles. Elle se trouvait à présent face à l’immensité colorée de la fin de journée tardive.
Plus que quelque jour avant les grandes vacances, la jeune fille soupira. Elle aurait du travailler aujourd’hui, elle aurait du faire un certain nombre de chose aujourd’hui, mais elle n’avait rien fait. Pourquoi ? Travailler rend la vie bien trop ennuyeuse, quitte à se faire punir, elle préférait désobéir pour pimenter le semblant de vie qu’on menait par ici.
Car Angie s’ennuie. Il ne se passe rien. Parfois, une voiture renverse un chat, ce sont les seuls événements qui rythment sa vie. Pourquoi ne se passe-t-il jamais rien ?
Il n’y a pas de terroristes. Personne d’important n’y vit. Il n’y a pas de pauvres. C’est un quartier calme. Pourquoi ?
Il devrait ce passer quelque chose.
Il existe des dizaines de chose qui pourraient se passer, Angie rêve de devenir l’élu ou une blague comme ça juste pour le plaisir de pouvoir dire qu’elle est importante, mais comment affirmer qu’on est important dans un endroit où la vie est si facile ? C’est cette facilitée qui l’empêche de se rendre compte combien la vie est importante.
La vie est importante ? Qui peut le prouver ? Qu’est-ce qui montre que rien n’a plus d’importance ? Parce que si on ne fait rien dans la vie autant tout arrêter pour faire la même chose dans la mort.
Le vent chaud souffla quelques mèches de cheveux de la jeune rêveuse. Elle se leva.
C’est ça.
Le simple fait de pouvoir être ici, de voir toute cette beauté qui l’entoure, voilà pourquoi elle voulait rester ici. Elle voulait pouvoir revenir ici, rentrer en retard à la maison et avoir peur de rater le devoir surveillé de math.
Pourquoi ?
Parce que c’est tellement sans importance que ça en devient absurde. Et parce que l’absurde, Angie aime ça.
Elle pourra regarder les oiseaux voler, s’attacher à un bout de terre pour pouvoir y revenir quand elle veut, quand elle est triste, ou bien regarder le chat attraper le lézard pour ensuite le remettre en liberté, juste symboliquement, ce prouver qu’on a fait une bonne action.
Sauver un lézard d’une mort certaine, est-ce réellement une bonne action ?
Peut être que le lézard avait des pulsions suicidaires et que c’est pour ça qu’il a laissé le chat l’attraper ?
Angie pouffe de son idée. Pourquoi un lézard aurait des pulsions suicidaires ? Il ne fait rien de la journée et reste au soleil pour se chauffer, dès que quelqu’un arrive il fuit à un vitesse incroyable. C’était décidé, plus tard, elle sera un lézard.
Que penserait Stan de ça ?
La laisserait-il devenir un lézard ? La question ne se posait même pas, il lui était tout à fait impossible de devenir un lézard. A moins de vouloir finir en hôpital psychiatrique...
Et si elle le voulait très fort, est-ce qu’elle se transformerais en lézard ?
Et si elle le voulait très fort, peut être qu’elle aurait des super pouvoir.
On l’appellerait l’Ange des coquelicots et elle pourrait voler dans les air comme un oiseau. Elle sauverais les gens qui en ont besoin et aussi ceux qui n’en ont pas besoin juste pour les emmerder. Peut être qu’elle pourrait porter une jupe très très courte ? Ça fait vraiment super héroïne les truc sexy.
N’importe quoi !
C’est bizarre comme ces pensées deviennent toujours invraisemblables au bout du compte. Passer de lézard à Ange des coquelicots puis finalement ce demander si elle pourrait porter des minijupes.
- Hmmm, fit elle avec un sourire.
- Angie !
Une sonnerie de vélo retentit, Stanislas à vélo arrive à vélo sur son vélo.
Stanislas avait toujours aimé le vélo, il transporte, il fait du vent dans les cheveux, il le fait voler au travers les forêts et les champs, les champs de coquelicots.
- Salut ! Fait Angie avec un sourire. Qu’est-ce que tu fais là ?
- Je savais que tu serais là, tu es toujours là au couché de soleil. Et tu vas être en retard…
- Je sais, soupira-t-elle en haussant les épaules avant de se tourner vers la fin du jour.
Stanislas s’approche et lui murmure dans l’oreille :
- J’ai trouvé une jolie fleur dans un champs, bonsoir jolie fleur.
Angie sourit quand Stan lui attrape la main. Encore une, de raison. Une de plus dans la collection de chose indispensable. Un petit prince qui lui tient la main devant un couché de soleil. Un jour elle lui dirait qu’elle l’aime, et il répondra que lui aussi, mais le temps prend son temps, chaque chose a son instant.
Morale de l’histoire : trouver ses attaches, chercher l’endroit où on est bien, trouver des gens qu’on peut aimer, ne pas oublier ce qui est beau, aimer le plus possible, profiter de la vie, trouver des gens qui nous aiment, espérer pour l’avenir et continuer à rêver.
19:00 Publié dans Titezistoars... | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Pensées & écritures









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